mardi 1 décembre 2009

Vivre mon Sida

Je suis Elise kaboré,  j’ai 38 ans, célibataire mère de deux enfants. J’ai connu mon statut sérologique, il y a de cela cinq ans. En effet c’est en 2004, lors de l’accouchement par césarienne de mon deuxième enfant que j’ai été soumise au test de dépistage, car je devais subir une transfusion sanguine. C’est à l’issue de ces examens que mon statut sérologique a été révélé positif. Cela n’a pas été du tout facile, car pour moi la mort vaut mieux que tout.
Je vivais à l’époque avec une tante à qui je n’ai pas voulu dire mon statut. Malheureusement, un jour elle a fouillé mes affaires et a vu les résultats de mes examens. Elle s’en est emparés et les a montrés à ses enfants et aux voisins. Elle a donc été informée de mon statut, et c’est ainsi qu’elle m’a mise à la porte avec mon bébé qui n’avait que six mois.
Commence alors le calvaire pour moi, puisque je n’avais pas où aller. J’ai eu pour refuge une maison abandonnée. J’y ai vécu pendant longtemps avant de trouver grâce à des bonnes volontés une maison que j’ai louée à 2000 F CFA par mois. Ma pitance quotidienne je la gagnais dans les abords des rues et dans les bas-fonds à travers le ramassage du sable.
Cependant depuis la découverte de mon statut je n’ai cessé de fréquenter le CMA pour non seulement avoir l’appui conseil des médecins, mais aussi prendre les produits contre les maladies opportunistes. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Mme Rasmata Kabré présidente du Club des Femmes Professionnelles et de Carrières Libérales qui m’a proposée d’intégrer son association afin de bénéficier d’un soutien. J’ai retrouvé l’espoir et la joie de vivre. Nous sommes astreintes à des activités génératrices de revenus : fabrication de la pâte d’arachide, de la farine de maïs, du soumbala, du savon etc. Grâce au club, je vis mon sida comme le  diabétique ou l’hypertendu vit sa maladie.  Pour moi, vivre avec le VIH n’est ni une fatalité, ni une fin en soi, encore moins une punition divine comme certains le soutiennent.
Aline Verlaine KABORE

mercredi 25 novembre 2009

La science et nous

Le Burkina a entamé vers les années 2000 une vaste reforme de la politique agricole à travers d'importantes innovations dans les techniques de cultures agricoles. Du zaï  à la culture de contre- saison en passant par la promotion  des fosses fumières, tout un" arsenal" agricole a été mis en place pour la relance non seulement du potentiel agricole mais aussi pour lutter contre la pauvreté. C'est dans cette dynamique de lutte , qu'est intervenue l'introduction de  la culture du coton transgénitique ( ou coton bt), une alternative pour accroître qualitativement et quantitativement la production cotonnière. Après quelques  années d'essai, les producteurs agricoles avec l'appui de l'Etat  et de la Société de Filature et de Textile (SOFITEX)  se sont embarqués dans la culture sans précédent du coton génétiquement modifié. Les premières récoltes ont été satisfaisantes, ce qui a amené les producteurs à abandonner ou à transformer les champs de mil ou de maïs au profit du coton. Toute chose qui a conduit à faire baisser la culture de rente dans certaines localités notamment  la partie  Ouest du pays  appelée couramment le grenier du Burkina. L'argent du coton peut nourrir la famille dit-on, mais là ou le bât blesse, rien n'est fait pour récupérer les sols astreints à la culture du coton bt, quand on sait que cette culture enrichit les producteurs mais appauvrit les sols. En claire, sommes-nous tentés de nous poser la question de savoir si l'introduction de la biotechnologie n'est-elle pas une illusion dans la lutte contre la pauvreté?

mardi 24 novembre 2009

Pourquoi ce blog?

j'ai décidé de créer ce blog pour partager des informations sur les organismes génétiquement modifiés, leurs aspects politiques, économiques, sociaux et environnementaux ainsi que leurs impacts dans la lutte contre la pauvreté.
Dans ce blog vous trouverez des informations relatives à l'engagement des autorités dans l'utilisation de la biotechnologie dans l'agriculture. Vous pourrez également lire des articles sur l'impact économique social et environnemental de cette technique sur les sols et notamment sur la promotion des cultures de rentes.
P.S cultures de rentes ce sont les principales cultures de subsistance comme le mil le sorgho et le maïs. Le message que je vous ai envoyé est le brouillon qui était parti tout seul après une brève déconnection.